Dès sa constitution en tant que corps de savoirs et de pratiques au début du 20e siècle en Europe, le travail social a œuvré pour davantage de justice sociale en termes de genre. Il se montre à la fois critique et objet de critiques, étant bien entendu marqué par les contraintes idéologiques et matérielles, ainsi que par les impensés, de chaque époque. C’est ainsi par exemple que des thématisations différencialistes des rapports de genre font reposer la légitimité des femmes à accéder à la profession (des célibataires surtout, qui sont peu voire pas rémunérées)  sur le concept de « maternité sociale » au début du 20e siècle. Dans un autre contexte historique, les années 1970, le travail social promeut des fonctionnements autogérés et collectifs visant l’instauration de rapports égalitaires et, dans la prolongation des luttes et revendications féministes, des travailleuses sociales mettent sur pied des initiatives réservées aux femmes (par exemple des groupes de rencontre et de formation, des centres de santé, des maisons pour femmes battues) dans l’objectif de soutenir la réappropriation par les femmes du pouvoir sur leurs propres vies. Dans le contexte contemporain, des approches académiques et militantes écoféministes et décoloniales proposent une critique des rapports de pouvoir instaurés au cours de la modernité occidentale ainsi que des modalités alternatives de relations au vivant. Ce module d’approfondissement en études genre a pour objectif de familiariser à ces approches et de se demander si et le cas échéant comment elles contribuent à renouveler les pratiques en travail social.