Ce cours à pour but de comprendre et analyser différents contextes de production de l'art.

il est conjointement et alternativement dispensé par Claude-Hubert Tatot et Benoit Antille

L'ornement, des Lumières à aujourd'hui

Une notion historiquement riche qui outrepasse les oppositions trop rapides et radicales entre abstraction et figuration ; arts appliqués et beaux-arts ; beau et utile ; architecture et sculpture ; original et multiple, etc. Au fil des six séances, le cours ambitionne de mêler la présentation de grands penseurs de l’ornement – qu'ils soient défenseurs ou pourfendeurs – à une réflexion philosophique autour de l'ornement: s'agit-il d'un concept, d'une catégorie, d'un phénomène? L'étude de l'ornement se range-t-elle du côté de l'anthropologie parce que pensé comme un besoin voire une pulsion de décoration ou bien plutôt du côté de l'esthétique au travers d'une analyse des oppositions entre classicisme et rococo par exemple, ou encore de l'histoire de l'art afin d'appréhender la vie des formes selon leur évolution technique et stylistique dans le temps? Le point de départ sera étymologique : rappeler que dans « cosmétique » il y a « cosmos » et que ce qui a pu être placé du côté du décor, du superflu et de l’esthétique, a partie liée avec les mythes de la création du monde (cosmologie, cosmogonie) et que la fonction structurante, organisatrice de l’ornement pour la création de formes et d’images vient en partie de là.

LES SÉANCES

  1. Introduction: autour de l’exposition Pattern, Crime & Decoration (MAMCO/ Consortium, 2019)
  2. L’Ornamentstreit (la dispute de l’ornement) autour de 1800
  3. Ornement et industrie au XIXe siècle (Ruskin; Morris; Arts & Crafts; Jones; Benjamin)
  4. L’Ornamentstreit autour de 1900 : Gottfried Semper, Aloïs Riegl, Adolf Loos; Art Nouveau; Sécession; Jugendstil
  5. Ornement et abstraction au XXe siècle
  6. Ornement et arts « mineurs » (postcolonialisme, féminisme)